Avant l'interview :
Mylène : Y a des photos chez POLYDOR si vous en avez besoins !
Journaliste : Ouais, OK ! Non mais c'était pas pour mon article, parce que les articles on fait avec SYGMA. C'était pour ma collection personnelle !
L'interview :
- Mylène Farmer, vous rentrez en force dans le TOP 50 avec " Tristana " votre nouveau 45trs. En fait, c'est une continuité après " Libertine ", une continuité de succès ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi après trois ans, vous mettez à cartonner vraiment d'après vous ? C'est un changement de style, un changement d'équipe, un changement de vision ?
- ( Mylène rit ! ) Il n'y a eu ni changement de style, ni changement d'équipe ! C'est euh... c'est un concours de circonstances, des chansons qui arrivent au bon moment, c'est la seule réponse que je peux formuler.
- Où en êtes-vous arrivez dans la chanson ? Comment avez-vous pu faire votre premier 45trs " Maman a tort " ?
- J'ai rencontré une euh... ( rires ) Un Coca-Cola pour moi, s'il vous plaît.
- Moi euh... un Cacolac, s'il vous plaît.
- Ca tourne toujours ?
- Euh... oui !
- Donc, j'ai rencontré une personne, qui s'appelle Laurent Boutonnat et qui était compositeur et qui m'a proposé la première chanson qui s'appelait " Maman a tort ".
- Est-ce qu'avec ce texte, qui peut porter un petit peu à contradiction, vous n'avez pas eu peur de choquer un petit peu les médias ou la public ?
- On n'a jamais peur de choquer les médias, quand on prend le partie de chanter une chanson comme " Maman a tort ". C'est avant tout un plaisir et après c'est des réactions successives.
- Toujours dans l'ordre chronologique, j'aimerais qu'on examine le deuxième 45trs. " On est tous des imbéciles ". Parlez-nous de ce texte ! J'aime beaucoup euh...
- Euh... Vous parler du texte. Eh bien nous sommes tous des imbéciles, ce qui nous sauve c'est la style ! C'est toujours ce que j'ai pensé ( rire )
- C'est à partir du troisième que vous avez commencez à faire euh... à miser, je dirai, sur le vidéo-clip en fait. Enormément, puisqu'il était formidablement bien réalisé !
- A miser, c'est-à-dire que non... Sur " Maman a tort ", on avait fait un clip, mais on avait à l'époque très, très peu de moyens. C'était déjà Laurent qui l'avait... qui l'avait... je ne trouve plus le mot... enfin bref tourné ( rires ) ! Euh... sur " On est tous des imbéciles ", étant donné le déroulement de la chanson, qui avait bien marché médiatiquement, mais pas du tout au niveau des ventes, c'était difficile d'envisager un clip et sur " Plus Grandir " c'était l'occasion, puisque là c'était une nouvelle maison de disque, donc d'autres horizons et effectivement, le premier clip réellement personnalisé !
- Avec " Plus Grandir ", vous avez abordez un p'tit peu le thème du désespoir. Bon, on retrouve le désespoir, je trouve, dans " Tristana ", c'est quelque chose qui vous correspond ?
- ( Sur un ton enfantin ) Je suis une femme désespérée, le saviez-vous ( rires ) ?
- Désespérée de quoi ?
- On ne peut pas parler comme ça ! C'est heu... De même qu'il y a des thèmes qui m'attirent, comme la mort, c'est vrai que le désespoir est... Et puis c'est trop compliqué à expliquer déjà ici, euh... Je ne sais pas, c'est une angoisse permanente, oui, de la vie, de plein, plein de choses !
- Vous avez peur de vieillir ? Vous êtes obsédée par le temps qui passe ?
- Pas réellement, pas dit dans ces termes-là, c'est-à-dire tout le monde a peur de vieillir, mais c'est pas moi, ce qui m'obsède, non c'est peur de la mort plutôt, peur de beaucoup de choses... Oui, je pense être une personne angoissée, mais certains jours sont formidables ( rires ) !
- Entre les deux, il y a eu " Libertine "...
La serveuse arrive :
- Merci..
- Ok, merci... Attendez, je prends celui-là...
- Entre les deux, il y a eu " Libertine ", là, certains... certaines critiques ont dit que c'était de la provocation. Vous jugez ça en ces termes ?
- Moi, je vais vous répondre par autre chose, c'est que la critique, je m'en moque éperdument. Que ce soit de la provocation, c'est la même chose que " Maman a tort ", qu' " On est tous des imbéciles ", c'est un choix. C'est euh... surtout des choses qui n'ont peut-être pas déjà été dites jusqu'alors, qui moi m'amusent !
- Comment le thème de cette chanson est venu ?
- J'avoue que c'est venu un petit peu subitement, on était en studio sur la musique qui était déjà enregistrée. C'était, vous savez on fait du yaourt pour essayer de mettre en place une voix, et j'ai dû dire, " je suis une catin " comme ça, et puis de ça est née cette chanson !
- Et puis, il y a eu à partir de là, l'explosion avec le vidéo-clip, je pense qu'on peut dire jusque-là, bon je n'ai pas vu le dernier, c'est le meilleur vidéo-clip. Il a fallu un... je crois qu'il a fallu justement assez peu de moyens, contrairement à ce qu'on pense, enfin tout est relatif pour...
- Tout est relatif, c'est vrai qu'on nous a prêté beaucoup plus de moyens qu'il y en a eu, parce que je pense qu'à l'image, le résultat euh... pouvait ressembler à beaucoup, beaucoup de moyens certainement, mais ça c'est le talent certainement du réalisateur et d'une équipe aussi qui l'entourait ! Euh... et quant au suivant, c'est quelque chose de totalement différent, qui est encore plus orienté sur le cinéma et que moi, j'avoue, non j'allais dire une bêtises, je l'aime autant que " Libertine ", mais c'est... il faut le voir quoi, c'est difficile aussi d'en parler.
- Lorsqu'on dit que le succès de " Libertine " est venu grâce à ce vidéo-clip, vous êtes d'accord ?
- Je crois qu'on peut dire à 70%, c'est quelque chose, oui, qui a provoqué un intérêt certain. Bon, c'est vrai qu'il y a eu TV6, qui a énormément aidé cette promotion et qu'effectivement du jour où est né ce clip, il y a eu des ventes immédiates, donc on peut dire que le clip a beaucoup aidé, en tout cas a beaucoup aidé ma personne...
- Au niveau de " Tristana ", vous avez fait de nombreuses télévisions avec une superbe chorégraphie, comment l'idée est venue ? Comment s'est faite cette... la mise en place de cette équipe ?
- Euh...pff... Ca c'est des choses toujours assez subites en fait. On a toujours l'impression que les artistes, c'est vrai travaille, ça c'est évident, mais euh... Sur " Tristana ", quand la chanson est née, quand elle a été enregistrée, après moi, je me suis poser le problème, comment la promouvoir ? J'ai tout de suite pensé à deux personnes à côté de moi, je préférais deux personnes féminines, mais qui n'avaient pas le prototype des danseuses qu'on voit en télévision. De même que la chorégraphie, que j'ai faite donc, je la voulais très visuelle, mais très proche de l'ambiance de la chanson, c'est-à-dire, pour moi, qui évoque un peu la Russie, une ambiance un peu salve, donc je voulais comme ça des espèces d'oiseaux noirs derrière moi, un peu rigides... Voilé comment ça s'est imaginé. Et puis après, ma foi, c'est un peu de travail quand même ( rires ) !
- Apparemment, c'est vous qui décidez de la façon de mener votre carrière, puisque vous dites " J'ai décidé... j'ai voulu... ". Y a pas de producteur, une équipe qui fait pression autour de vous, derrière ?
- Je sais pas, moi c'est toujours quelque chose qui me fait un peu sourire. Des pressions ? Je veux dire, où on envisage une carrière et on est complètement, effectivement, manipulée et je trouve ça un peu dommage. Moi, je travaille de très, très près avec Laurent. Je travaille avec lui, Laurent Boutonnat, j'ai quelques personnes autour de moi, la personne que vous voyez, qui est Bertrand Lepage, Bertrand qui est mon manager. Y a aussi une maison de disque, mais eux, si vous voulez, ce sont les porte-paroles un peu d'un chanteur. J'ai décidé, c'est-à-dire que moi, sur les chorégraphies, effectivement, à chacun son métier, c'est ça que je veux dire. Laurent, quand lui construit un scénario, moi j'ai un droit de regard, il est évident. Je dis " ça, ce serait bien ", parce qu'on est, je pense, des êtres relativement intelligents, mais je ne me mêle pas, ni de la mise en scène, parce que ce n'est pas mon métier, ni de la mise en image, donc voilà ! Je crois, chacun sa place, c'est un peu ce qu'on mélange en France, je trouve. C'est-à-dire, on s'imagine être euh... des être exceptionnels dans tous les domaines, ça c'est une erreur.
- Parlons maintenant un peu de votre look. Bon, au niveau des deux premiers 45trs., il était assez sage, il était, je dirai, assez banal, sans que cela soit péjoratif. Et puis après, il y a eu un revirement total avec... Bon, apparemment, vous avez les cheveux de différentes couleurs, vous avez un look totalement différent, qu'est-ce qui... ?
- Ca doit certainement très explicable. C'est quand on dit " un métier qu'on apprend ", certainement, oui... C'est-à-dire que sur " Libertine ", quand on parle d'osmose, c'est aussi quelque chose qui s'est produit, c'est-à-dire effectivement, il y a eu le clip. Tout de suite il y a eu, bon, une chanson qui a marché quand même assez facilement, même si c'est le clip qui a provoqué après les grosses cadences. Que moi effectivement l'époque de cette chanson, puisqu'on l'avait située dans le libertinage, j'aime tellement les costumes, que ça a été tout de suite évident pour moi de mettre cet uniforme. Et après, voilà, c'est " Maman a tort ", c'est " On est tous des imbéciles " et " Plus Grandir " qui ont faits que " Libertine " a existé de cette façon, c'est évident !
- Est-ce que vous n'avez pas dans votre tête, quelque part, des projets, à plus ou moins longs termes, cinématographiques ?
- Non, pas des projets, si ce n'est celui que j'ai depuis assez petite, c'est de jouer un jour dans un film. Mais là aussi, beaucoup de prétentions, pas dans n'importe lequel, c'est pour ça que je n'ai pas commencé d'ailleurs cette carrière, même depuis la chanson, où j'ai eu quelques propositions, bon, vous imaginez le genre de propositions ( rires ). Donc, oui, c'est quelque chose que je laisse dans le coin de mon esprit. Ce que j'ai vraiment envie de réaliser, c'est vrai que si Laurent, un jour, réalise un long-métrage, ce qui pourrait être assez précis maintenant, ce serait la personne avec qui j'aimerai tourner. Y en a quelques-uns d'autres, mais très peu...
- Parlez-moi de l'album que vous avez fait l'année dernière, de votre premier album, des chansons, des thèmes abordés ?
- Ben, moi je vais vous faire un exposé très scolaire. Il y a, je crois , 10 chansons, donc les 45trs qui sont inclus dedans. Il y a une chanson qui s'appelle " Chloé ", qui parle de la cruauté des enfants, qui est traité d'une façon un peu comptine satanique, une autre chanson, qui s'appelle " Vieux Bouc ", qui parle du diable et qui est un peu humouristique aussi. Il y a " Au bout de la Nuit ", qui fait la face B de " Tristana ", mon dernier 45trs., qui là traite un peu du désespoir, un peu de... J'ai du mal à mettre des étiquettes, parce qu'une chanson, ce dont on m'avait fait d'ailleurs le reproche, ne parle pas de ax+b et de " je prends mon p'tit crème le matin ", donc c'est également difficile de l'expliquer, si ce n'est qu'il y a, je l'espère, une ambiance générale, enfin un thème général en tout cas... Qu'est ce qu'il y a d'autre, je ne sais plus ( rire )... Il faudrait avoir le 33trs sous les yeux , là, j'avoue...
- Quels sont les traits essentiels de votre personnalité en tant que chanteuse. J'ai l'impression, par exemple, à première vue, qu'il y a un côté assez pudique chez vous, est-ce que c'est vrai ?
- Oui, je suis quelqu'un, je pense, de pudique, ce qui doit vous sembler un paradoxe, quand on chante " Libertine " ou " Maman a tort ", mais ça c'est... c'est un métier paradoxal et moi je crois avoir une personnalité, certainement, paradoxale, mais comme beaucoup de personnes. C'est des choses qui n'ont finalement rien à voir entre elles. On peut avoir beaucoup de pudeur et à la fois être excentrique à certains moments.
- J'ai l'impression que vous n'êtes pas le genre de chanteuse à pavoiser dans des cocktails mondains ou des choses comme ça.
-Je pense que vous avez vu juste ( Mylène éclate de rire ). Non, je n'aime pas ça, je n'ai jamais aimé ça et je crois que je n'aimerai jamais ça ( rires ) !
- Parlez-nous maintenant de la scène. Quand est-ce que... qu'il y aura une scène parisienne, comme L'Olympia ou quelque chose comme ça. Comment vous voyez votre spectacle ?
- Je ne sais pas encore ni en ce qui concerne la date, parce que ca n'est pas encore quelque chose qu'on a fixé, c'est quelque chose que je pense beaucoup ! Quant à la mise en scène, je... pfff... Je vais vous dire des choses un peu imprécises, si ce n'est que je voudrais un spectacle visuel, essayé peut-être de mêler un peu du théâtre, mais un regard très, très loin, ça fait toujours un peu peur... J'avoue que j'en sais rien, mais c'est quelque chose que j'aimerais beaucoup faire !
- Depuis trois ans, qu'est-ce qui vous a marqué dans ce métier ? Est-ce qu'il y a des choses qui vous ont déplues, qui vous ont plues ?
- Tout m'a marqué, parce que, sans dire de bêtises, je crois que tous les jours on apprend ou on désapprend quelque chose, mais en tout cas, il se passe quelque chose. Euh... si, une généralité, c'est que concernant vraiment le groupuscule " show business ", c'est-à-dire que ce soit les producteurs d'émissions, les programmateurs, les gens de télé, les gens des médias sont des gens, qui ont essayé d'installer une... comment dire... une espèce de loi qu'ils ont créée et qu'ils ne respectent pas eux-mêmes ! Voilà ! C'est-à-dire qu'ils ont créé le TOP 50, qui veut dire des ventes de disques, qui voudrait donc dire des programmations obligatoires à la télévision, qui voudrait dire une certaine... un certain respect malgré tout de l'artiste, et que quelque fois, eux, manquent un peu d'intégrité par rapport à ça ! Mais c'est quelque chose qui ne m'étonne pas vraiment ! ( Mylène laisse tomber une cuillère sur la table ) Pardon ! Mais voilà, moi, la chose qui m'a le plus... pas bouleversée, mais qui m'a confortée, en fait, dans mon idée. Il y a, à mon avis, un manque de talent général et manque d'intégrité tout simplement.
- Vous évoquiez le TOP 50, c'est quelque chose de regrettable pour vous ? Le fait de...
- Mais non ! Bien-sûr que non, puisque chacun a sa chance un jour, c'est-à-dire qu'autant sur " Plus Grandir ", je n'ai pas goûté les `délices´ du TOP 50, sur " Libertine ", ce sont des références maintenant qui sont établies pour les jeunes, c'est évident, ça, on ne peut pas faire abstraction ! Donc quand on est dedans, on est ravie, parce que ça engendre plein de choses, c'est pas le TOP 50, je m'en fous, moi, à la limite, mais parce que ça existe et qu'il faut exister avec. Voilà, point final !
- Le problème, c'est que c'est peut-être plus dur, dans la mesure, où une carrière ne marche ou ne marche pas suivant l'entrée d'une chanson au TOP 50 !
- C'est le drame de ce métier maintenant, c'est qu'effectivement les gens... enfin toujours ces gens des médias, euh... Je ne sais pas pourquoi, quand je dis ça, j'ai toujours l'impression de voir les corbeaux d'Hitchcock ( rires ). Ces gens-là ne pensent plus du tout, effectivement, ni `carrière´, ni `continuité´ à la limite... Mais ça, c'est encore une minorité finalement, parce qu'on se rend aussi, qu'il y a quand même des gens qui derrière vous suivent depuis un moment, mais ces gens-là, on ne les rencontre pas forcément en temps et en heure, mais euh... Voilà, c'est le drame de ce métier, c'est que maintenant, n'importe qui n'importe quand peut faire un million de disques et demain ne plus exister et que ça ne dérange, à priori, personne, puisque tous les jours, il y en a un qui sort, tous les jours un qui meurt...
- Une fois, dans un journal, vous avez dit, que vous aviez plus d'admiration pour un homme de science que pour un chanteur, c'est vrai ?
- Oui, je confirme, mais je... Ca n'a rien de méchant, une fois de plus, ni de venimeux, c'est quelque chose qui existe ! J'ai plus de fascination, c'est vrai, pour quelqu'un dit intellectuel, mais sans prétention de ma part, c'est-à-dire pour quelqu'un qui... Je ne sais pas, j'ai plus la fascination d'un grand metteur en scène, d'un écrivain, d'un savant, ces métiers-là ! Des gens qui, je ne sais pas, qui construisent réellement, qui on l'essence de cette construction que les chanteurs n'ont pas. La preuve, je veux dire tous les jours vous rencontrez des chanteurs et tous les jours vous ne rencontrez pas des... je ne sais pas... des gens bouleversants, des gens incroyables, parce que malgré tout, comme l'acteur ! Il y a une race d'acteur, qui est, certainement prodigieuse, enfin on les remarque aussi à l'écran, c'est ça que je voulais dire ! Les chanteurs prodigieux, on les remarque aussi à l'écran et voilà ! Et, je... et une fois de plus je ne me... Là, je suis spectateur quand je dis ça ! C'est pas moi m'insérer parmi un groupe ou un autre, c'est toujours délicat. Non, c'est normal, c'est vrai que ça n'est pas... Personne ne m'a étonnée dans ce milieu !
- Comment situez-vous votre public et euh... Est-ce que vous avez des rapports avec lui, des rapports à travers les lettres que vous recevez, peut-être ?
- Bien-sûr, le courrier, que j'aime beaucoup. J'ai pas mal de courrier, je pense ! Il y a des lettres, qui sont passionnantes, qui sont bouleversantes, qui sont même étonnantes des fois ! Là, je pourrais dire, un peu, la couleur des personnes qui m'entourent, c'est euh... malheureusement des gens un peu désespérés ( rire ), un peu névrosés. Il y en a d'autres aussi qui écrivent à tous les chanteurs, qui veulent des autographes, ce qui est charmant d'ailleurs, mais-là, je ne peux pas donner la couleur ! Sinon, je sais pas bien, je sais pas bien encore ! Je crois qu'on s'en rend compte dans un spectacle, dans une salle ! Là, on voit très bien qu'il y a une dominante de 14-15 ans ou de personnes plus âgées, j'en sais rien !
- C'est quand même fascinant, je trouve d'être chanteur et d'avoir un impact sur un public ! D'être l'idole d'un public !
- Oui, c'est... C'est-à-dire, voilà le genre de choses qui sont presque inexprimables mais qui sont un peu traumatisantes, mais aussi dans le bon sens, mais traumatisantes parce qu'inexplicables ! Parce qu'une personne pourra... Moi, il y deux, trois personnes qui me suivent à chaque fois que j'ai un enregistrement télévisé, ils seront là, au début, à la fin de l'émission, c'est-à-dire qu'ils auront attendu dehors, sur le trottoir pendant près de trois heures, quatre heures parfois, qui sont prêts à venir à Cannes ! Ce sont des choses qui sont tellement incroyables et à ces personnes, on demande une espèce d'attention envers elles, qu'est-ce qu'elles font dans la vie et ces personnes se vexent, car elles disent, " ce n'est pas parce que je suis là, que je ne fais rien de ma vie ! " et c'est bizarre...
- Est-ce que ce n'est pas dur, d'avoir comme ça une, j'allais dire une " cour ", une cour de fans ? Ce n'est pas gênant ? On n'est pas toujours enclin à répondre à...
- C'est toujours la peur d'être maladroite, d'être tout simplement absente ! Et c'est difficile d'être toujours présente, ces gens-là ont une demande momentanée, car ils vous rencontrent dans la rue ou vous rencontrent lors d'un spectacle. Vous, vous venez pour eux, mais pour eux dans une majorité, pas pour une personne. Moi j'ai toujours peur, oui, de froisser et c'est quelque chose d'assez traumatisant aussi, c'est pour ça que...
- Vous pensez déjà avoir froissé un admirateur ou quelqu'un qui demande...
- Je ne crois pas, car j'ai toujours fait très attention, étant moi-même un peu... ( rires ). Je n'ai pas une sensibilité à fleur de peau, c'est quelque chose à laquelle je fais attention, mais certainement j'en ai froissé, certainement, mais je ne sais pas là...
- Venons à " l'examen " de votre carrière, pourquoi une rupture entre RCA et POLYDOR, entre je ne sais plus quel disque ?
- Hmm.. C'était sur " On est tous des imbéciles ", parce que c'est pfff... Je n'ai pas du tout envie de faire le procès d'une maison de disques... Il se trouve qu'une maison de disques nous a fait du pied, que c'était une maison qui allait naître, puisqu'elle avait un nouveau directeur, que RCA avait prouvé certaines choses, mais certainement dans le mauvais sens aussi : leur capacité, ou au moins leur envie de m'aider ou... Et voilà, ce sont les choses de la vie et tant mieux que cela se soit passé comme ça, parce que il y avait un sang neuf chez POLYDOR certainement, il y avait un directeur jeune, qui a voulu lui aussi prouver des choses et ça, c'est important !
- Revenons en guise de conclusion à votre personnalité. Je crois que vous êtes quelqu'un qui aimez beaucoup les animaux. En tout cas, apparemment, il y a beaucoup de photos qui sont parues dans la presse en compagnie d'un petit singe notamment . Parlez-nous en !
- ( Mylène rit ) De mon petit singe ? ! C'est vrai, j'ai une passion pour les animaux, mais spécialement pour les singes. Vous dire pourquoi ? Je vous mettrai un singe en face de vous, si ce n'est les singes qu'on voit au zoo, mais vraiment près de vous. Euh... je crois... La première chose c'est qu'un singe a quatre mains et que c'est très important. Un chat, moi que j'adore, n'a pas la faculté de porter les choses, d'écrire, de faire des gestes, qui très certainement vous copie, que c'est un regard qui est tellement intelligent, mais qui est déconcertant aussi ! Je ne sais pas, ça a un caractère fascinant un singe...
- Un animal coléreux !
- C'est épouvantable ! C'est coléreux, c'est caractériel, mais c'est génial, vraiment !
- Vous avez des " prises de bec " avec votre singe régulièrement ?
- Oui, régulièrement, d'autant qu'il a des périodes de chaleurs comme tous les animaux et j'avoue que le singe, je crois, c'est l'animal le plus énervant qui soit ( rires ) quand il a ses chaleurs ! C'est-à-dire qu'il est... enfin, le mien en tout cas, cette race de capucin couine pendant trois jours, parce que ça dure 3-4 jours, ça dépend de la grosseur des chaleurs, va couiner, va vous regarder, va vous énerver, va prendre des objets, si on ne s'occupe pas de lui, va les taper très, très fort pour qu'on le regarde, enfin c'est épouvantable ! J'en ferai bien un civet de lapin ( rires ), civet de singe plutôt ( rires ) !
-Très bien, je vous remercie...